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Réchauffement climatique : les conséquences sur l’agriculture

L’agriculture est à la fois responsable et victime du réchauffement climatique. La sécheresse, les inondations, la hausse des températures sont autant de phénomènes qui affectent la production agricole. Pourtant, les agriculteurs se doivent de répondre à une demande mondiale.

Quelles sont les différentes conséquences que le réchauffement climatique a sur l’agriculture ? Quelles sont les solutions pour pallier ces problèmes ?

L’agriculture, responsable d’un quart des émissions de gaz à effet de serre

Réchauffement climatique et émissions de CO₂

En effet, les activités agricoles engendrent un quart des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. L’agriculture rejette principalement du méthane, du protoxyde d’azote et du CO₂. Le méthane est dû notamment aux déjections des élevages, aux flatulences des bovins, à la riziculture irriguée… Le CO₂, quant à lui, est émis à cause de la déforestation et le protoxyde d’azote de l’engrais de synthèse.

L’agriculture représente 17% des émissions de gaz à effet de serre en France et 11% dans toute l’Europe. Plus précisément, en 2015, l’agriculture dans l’Union Européenne a émis 436 748 000 tonnes de gaz à effet de serre. Ces rejets d’origine agricole représentent 10% de tous les rejets, toujours dans l’Union Européenne. 

C’est l’Irlande qui émet le plus de gaz à effet de serre à cause de ses activités agricoles, à 31%. La Lettonie la suit à 24%, puis la Lituanie à 23% et le Danemark à 20%. L’État membre qui, au contraire, rejette le moins de gaz à effet de serre avec son agriculture est Malte, avec 3%, puis Chypre et le Luxembourg avec 6%. 

Plus de chaleur, plus de parasites

Champignon fongique

L’augmentation des températures entraîne le développement de parasites et de mauvaises herbes. Avec le changement climatique, les risques d’attaques de ravageurs dans les cultures augmentent.

Plus que des freins aux récoltes, ces espèces envahissantes risquent de répandre des maladies, auprès des humains, des animaux comme des plantes. Les maladies et les ravageurs se propagent et le réchauffement climatique simplifie leur adaptation. Dans les grandes cultures, il y a désormais plus de risques de maladies fongiques hivernales notamment.

Une baisse de la production

Jeunes pousses Champ

Le changement climatique affecte les précipitations. Ces variations météorologiques engendrent un risque accru de mauvaises récoltes à court terme, mais surtout d’une baisse de la production sur le long terme. Chaque culture doit se développer selon des conditions climatiques spécifiques (de l’ensoleillement, de la pluie, du froid, de la chaleur…). Or, l’instabilité climatique met en péril certaines cultures. 

Les rendements des cultures telles que le blé ou le maïs pourraient diminuer en moyenne de 2% par décennie. La cause ? Une adaptation difficile. L’augmentation de 1% de la température fait diminuer les rendements de blé de 6%. En Asie du Sud, la baisse des rendements des cultures irriguées risque d’être importante à terme.

De plus, la valeur nutritive des récoltes peut être affectée par le réchauffement climatique. En effet, la part de protéines dans le riz et le blé diminue de 5%. Cette réduction entraîne alors l’augmentation des risques de carences chez certaines personnes.

Les agriculteurs doivent donc continuer de produire malgré ce changement climatique. Les pratiques peuvent être adaptées, comme les dates de semis par exemple. Mais ils peuvent aussi complètement revisiter leurs cultures en adoptant de nouvelles variétés plus adaptées ou plus résistantes aux contraintes.

Par ailleurs, les pays côtiers risquent d’être affectés d’une différente façon par le réchauffement climatique : l’élévation du niveau des océans menace en effet leur activité agricole. 

Le principal problème, c’est que la production agricole est censée augmenter de 14% par décennie afin de pouvoir nourrir tout le monde sur Terre, selon le Giec en 2014. Si les températures continuent d’augmenter, la sécurité alimentaire mondiale sera remise en cause.

Et les pays en développement sont ceux qui en pâtissent le plus. L’agriculture y est très importante puisqu’il s’agit à la fois d’une source de revenu, d’une source d’emplois et de leur sécurité alimentaire. 

Une hausse des prix

Billets euros

Les principaux produits agricoles, soit le riz, le blé, le maïs et le soja, risquent de voir leurs prix augmenter de plus en plus avec le changement climatique. En effet, la flambée mondiale des prix alimentaires ne fera que s’accentuer. 

Les matières premières agricoles sont de plus en plus chères à cause des conditions météorologiques. Le prix du lait a augmenté de 13%, la viande de porc de 6%, le blé tendre de 4,6%…

Le prix élevé du fourrage pour les élevages fait augmenter le prix de la viande. Cela peut alors ralentir le rythme de consommation de viande tout en intensifiant la réduction de la consommation de céréales. D’ici 2050, la disponibilité en calories sera bien réduite, ce qui aura pour conséquence de renforcer la malnutrition infantile. 

Les solutions pour sauver l’agriculture

Agroécologie

Tout d’abord, l’agriculture climato-intelligente est un concept qui allie adaptation, atténuation et sécurité alimentaire et qui se pose comme l’agriculture de demain, celle qui contrera le réchauffement climatique. 

L’agroécologie consiste à exploiter les ressources sans affecter l’environnement. C’est-à-dire réduire l’utilisation de produits phytosanitaires, protéger les sols, privilégier la biodiversité, mêler différentes cultures, adopter l’agroforesterie ou l’agriculture biologique, etc. Cela implique de nombreuses pratiques destinées à ralentir l’impact négatif du réchauffement climatique sur l’agriculture. 

Mais tout dépend de la zone géographique. À chaque culture sa solution pour remédier aux conséquences du changement climatique. 

Prenons l’exemple de l’agroforesterie. Pour des cultures qui ont besoin d’humidité et de fraîcheur par exemple, planter des arbres dans les champs peut permettre de leur apporter ce dont elles ont besoin. De plus, l’agroforesterie représente une seconde source de revenus, grâce aux fruits, aux fourrages ou encore au bois.

Par ailleurs, l’initiative 4 pour 1000, qui a été lancée en 2015, suggère qu’une augmentation de 0,4% du stock de carbone organique dans le sol, à l’échelle mondiale, permettrait de compenser les émissions annuelles de gaz à effet de serre de la planète.

L’agriculture climato-intelligente, l’agroécologie et l’initiative 4 pour 1000 sont trois solutions complémentaires pour pallier l’impact du réchauffement climatique sur l’agriculture. Mais l’idéal serait déjà de le limiter, comme prévu, à maximum deux degrés supplémentaires d’ici 2100.

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