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L’ouragan Katrina : le bilan plus de 10 ans après

L’ouragan Katrina a frappé en août 2005 La Nouvelle-Orléans, ville américaine de Louisiane, mais aussi les villes et les États voisins. Il est apparu le 23 août pour se dissiper le 31, et a atteint les côtes de La Nouvelle-Orléans le 29. 

L’oeil de Katrina mesurait 40 kilomètres de large et ses vents ont soufflé jusqu’à 280 km/h. La Nouvelle-Orléans, en-dessous du niveau de la mer, a connu des inondations sur 80% de son territoire et même des vagues pouvant aller jusqu’à 6 mètres de haut. 

Au total, l’ouragan Katrina de catégorie 5 a fait 1 836 morts, dont 1 577 en Louisiane, 238 au Mississippi, 14 en Floride, 2 en Alabama, en Géorgie et en Ohio et 1 au Kentucky. Ce n’est pas tout : 135 personnes ont été portées disparues. Un bilan humain lourd qui a marqué les esprits. 

Avant l’ouragan Katrina, La Nouvelle-Orléans avait de nombreux problèmes au sein de sa communauté. La criminalité était au beau fixe, les écoles étaient sous-financées, les habitants se divisaient en communautés ethniques, l’économie battait de l’aile… Plus de 10 ans après, qu’est-ce que l’ouragan Katrina a changé ? Quelles traces a-t-il laissées sur son passage ?

Une lente reconstruction

Une des maisons reconstruites par la fondation de Brad Pitt, Make it right dans le quartier de Ninth Ward ©AFP PHOTO / TIMOTHY A. CLARY / AFP PHOTO / TIMOTHY A. CLARY

Après le passage de l’ouragan Katrina, La Nouvelle-Orléans a dû nettoyer et réparer les dégâts. Au total, 353 000 maisons ont été détruites. Aujourd’hui, le paysage se réinvente avec des maisons colorées sur pilotis. 

Néanmoins, de nombreuses maisons en ruines n’ont été ni détruites ni reconstruites. Dans le Lower Ninth Ward, considéré comme le quartier le plus pauvre de La Nouvelle-Orléans, les dégâts étaient particulièrement importants. Le quartier compte principalement des Noirs et ses travaux de rénovation n’étaient toujours pas achevés en 2015. Ils étaient trois Noirs sur cinq à estimer que la Louisiane ne s’était pas remise de l’ouragan, alors qu’une majorité de Blancs trouvaient que c’était le cas.

Le gouvernement a lancé après l’ouragan l’opération “Road Home” qui consistait à attribuer une bourse à tous les propriétaires afin de reconstruire leur maison. Cependant, une organisation privée qui combat les discriminations, Fair Housing Action Center, a dénoncé le fait que des propriétaires noirs avaient reçu moins de sous. Une affaire qui s’est soldée par plusieurs plaintes et un accord finalement trouvé.

L’économie de La Nouvelle-Orléans se porte mieux

9 millions de visiteurs en 2012 à la Nouvelle-Orléans, en progression constante chaque années avec bon nombre de visiteurs qui y retournent après avoir déjà visité la ville.

Après l’ouragan qui a ravagé La Nouvelle-Orléans, le traumatisme a poussé aux questions existentielles et aux réflexions collectives sur la ville. Le changement était nécessaire et évident.

L’économie de la ville a alors connu un développement florissant. En effet, grâce au tourisme plus important et aux travaux qui ont été faits à la suite de l’ouragan, la ville comptait 9 millions de visiteurs en 2014 et les hôtels ont désormais un taux d’occupation plus élevé.

De plus, 14 000 emplois ont émergé depuis 2010 à La Nouvelle-Orléans et le rythme de création d’entreprises est de 64% plus important, par rapport à la moyenne nationale. Les écoles se sont nettement améliorées et le taux d’obtention de diplômes a augmenté. 

Quartier des affaires Nouvelle-Orléans, © louisiane-tourisme.fr

Pourtant, ce n’était pas gagné d’avance, au vu des dégâts que cette catastrophe a fait sur la ville. L’ouragan Katrina a coûté plus de 150 milliards de dollars. Il est devenu le plus cher de l’histoire des États-Unis.

Le prix du pétrole a augmenté à la suite de cet épisode : le baril coûtait 50 dollars avant et 70 dollars après. Les puits et les plateformes pétrolières du golfe du Mexique ont été mis hors service par l’ouragan, ce qui a causé des tensions sur le marché pétrolier. D’autant plus que cette région représente le quart de la production des États-Unis, en termes de carburant.

Mais si La Nouvelle-Orléans a fait de gros progrès, il lui reste encore du travail. En effet, la pauvreté reste bien présente dans certains quartiers. Dans ceux défavorisés, l’espérance de vie est de 54 ans, contre environ 80 ans dans les quartiers plus aisés. 

Une ambiance différente

Le centre historique est appelé communément “Le Quartier Français” © louisiane-tourisme.fr

Tout d’abord, la criminalité a bien baissé depuis la catastrophe de Katrina. En effet, en 2014, le nombre de meurtres à La Nouvelle-Orléans avait le niveau le plus bas depuis 43 ans. Quant à la population carcérale, elle a diminué de deux tiers. Si l’ouragan a dû développer un sentiment d’insécurité chez les louisianais, l’affaiblissement de la criminalité peut au contraire les rassurer aujourd’hui.

Cependant, l’ambiance de la ville aurait changé. Toute la population n’est pas revenue vivre à La Nouvelle-Orléans. La ville a perdu 100 000 habitants, qui sont partis et ne sont jamais revenus. Les habitants actuels sont majoritairement arrivés après la catastrophe. 

Autrefois, la majorité de la communauté de La Nouvelle-Orléans était afro-caribéenne et créole. Après l’ouragan Katrina, la population noire a été réduite de 115 000 personnes. En 2013, elle ne représentait que 60% des habitants de la ville, contre 68% en 2000. 

En effet, de nombreux habitants noirs n’ont pas pu se permettre de revenir vivre à La Nouvelle-Orléans, ils le pouvaient avant l’ouragan parce qu’ils étaient propriétaires ou parce que leur loyer était bas. Mais la reconstruction a fait grimper les prix. Les loyers sont passés de 488 dollars par mois, en moyenne, à 926. Or, les familles noires orléanaises vivent généralement avec moins de 20 900 dollars par an. 

Un climat plus stable jusqu’à 2017

Après l’ouragan Katrina, l’Atlantique Nord a été relativement calme. Du moins, l’activité cyclonique était ensuite très faible, à l’exception de l’ouragan Sandy en 2012, sur la côte Est des États-Unis, qui était seulement de catégorie 1. Évidemment, les tempêtes hivernales ont continué. 

Généralement, les cyclones suivent un cycle de 5 à 10 ans. Même si les États-Unis n’avaient pas connu 10 ans sans ouragan depuis 1869. 

En 2017, les ouragans ont donc repris de plus belle avec 10 catastrophes la même année, en août et en octobre. Harvey, Irma, Maria et Ophelia ont été les plus marquants et ont causé la mort de 800 personnes et près de 200 milliards de dollars de dégâts aux États-Unis. L’année 2017 a donc connu une énergie cumulative des cyclones tropicaux parmi les plus élevées de l’Atlantique.

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