Climat Zoologie

Quelles sont les espèces terrestres menacées par le réchauffement climatique ?

En septembre 2016, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) a établi que 29% des espèces, animales comme végétales, terrestres comme marines, sont menacées d’extinction. Plus précisément, 23 928 sur 82 954 espèces. Faisons le point sur quelques animaux victimes du réchauffement climatique. Quels impacts a-t-il sur eux ? 

Quatre grands singes sur six menacés

Grands singes, Gorilles.

Tout d’abord, quatre espèces de grands singes sur six sont considérées comme “en danger critique d’extinction”. À savoir le Gorille de l’est, le Gorille de l’ouest, l’Orang-outan de Bornéo et l’Orang-outan de Sumatra. Le Chimpanzé et le Bonobo sont également en danger, mais pas autant que leurs cousins. Une situation préoccupante pour l’UICN.

En 20 ans, la population du Gorille de l’est s’est réduite de plus de 70%. Ils sont aujourd’hui moins de 5 000. Les Gorilles de Grauer, une sous-espèce, n’étaient quant à eux plus que 3 800 en 2015, alors qu’ils étaient encore 16 900 en 1994. Heureusement, les Gorilles de montagne, une autre sous-espèce, sont de plus en plus nombreux, même si seulement 880 individus sont recensés. Les Gorilles de l’est sont en danger à cause du braconnage et de la réduction de leur territoire.

Quant au Gorille de l’ouest, il s’agit d’une espèce presque éteinte pour les mêmes raisons. Sa population, qui vit dans l’ouest de l’Afrique centrale, diminue de plus en plus. 

L’Orang-outan de Sumatra et l’Orang-outan de Bornéo sont tout aussi menacés par la réduction des surfaces de forêts, leur habitat naturel. 

Le renard polaire

Renard polaire

Le renard polaire vit dans les régions arctiques : le froid fait donc partie de son quotidien. Le réchauffement climatique agit plus vite que dans les régions à basse latitude. Il est aussi plus important. Ainsi, la faune arctique, habituée aux températures froides, est menacée. 

L’ours polaire

Petit à petit, la banquise recule, en particulier l’été : elle commence à fondre dès le printemps et se reforme tard l’automne. Pourtant, les ours polaires viennent sur la banquise pour chasser et se nourrir. Ils doivent donc se rendre sur terre pour trouver de quoi manger, et diversifier leur régime alimentaire. Un scientifique à la tête du Polar Bears International, Steven Amstrup, explique que les ours polaires pourraient quitter la banquise pour vivre sur terre, mais nul ne sait s’ils en sont capables.

Le panda géant

Panda géant

Comme beaucoup d’autres espèces, le panda géant voit son habitat naturel se transformer. Le réchauffement climatique le rend plus chaud, plus sec, ce qui risque de pousser cet animal à migrer vers des régions aux latitudes et altitudes plus élevées. Cependant, il n’y trouvera pas le bambou dont il se nourrit. Ses apports nutritionnels ne pourraient pas lui suffire et l’espèce serait alors en danger critique.

L’éléphant d’Afrique

Éléphant d’Afrique

En Afrique, le changement climatique rend les températures plus chaudes et les pluies plus rares. Or, les éléphants ont besoin de beaucoup d’eau pour survivre, soit 150 à 300 litres par jour, même s’ils ne font pas que la boire. En effet, ils peuvent jouer avec ou se baigner dedans. Quand les températures sont plus élevées, ils se nourrissent moins et se reposent beaucoup, à l’ombre ou dans l’eau. lI risquerait, à terme, d’y avoir des conflits entre les hommes et les éléphants pour avoir accès aux ressources en eau. 

Le lycaon

Lycaon d’Afrique

Le lycaon est un animal très sensible aux températures élevées, même s’il vit en Afrique. Sa chasse se déroule uniquement pendant les heures de la journée où il fait frais. Néanmoins, si les températures augmentent encore, ses moments de chasse seront plus courts et ainsi il se nourrira moins. L’espérance de vie de ses bébés sera réduite. De plus, le lycaon est vulnérable face aux maladies, et la chaleur croissante accentue leur propagation. 

Le lémurien

Lémurien

Habitants de l’île de Madagascar, le lémurien risque de voir son habitat se réduire considérablement si les températures augmentent encore de 2 à 4 degrés. Trois zones pourraient faire office de refuges pour le lémurien : la péninsule de Masoala, les abords du fleuve Mangoky et le parc naturel d’Ankarafantsika. 

Le koala cendré

Koala Australie

Le koala cendré est une espèce menacée par le changement climatique. Plus précisément, la réduction de son biotope, soit son milieu de vie, menace sa survie.

Le wallaby des rochers

Wallaby des rochers, © WWF France

Le wallaby des rochers vit en Australie et, comme son nom l’indique, dans les zones rocheuses. Les grottes lui permettent d’affronter les conditions climatiques extrêmes. À cause du réchauffement climatique, son alimentation est affectée : la qualité et la structure des végétaux qu’il mange sont altérées quand les températures augmentent. Si cela continue, il devra migrer vers les zones côtières. Il faut savoir que le wallaby des rochers vit au sein de colonies (entre 5 et 100 individus) : ainsi, un brassage génétique sain est entretenu, mais si la population est contrainte de se diviser, sa capacité d’adaptation risque d’être altérée.

La grenouille des Pyrénées

Grenouille des Pyrénées, © https://www.especes-menacees.fr

La grenouille des Pyrénées est notamment menacée d’extinction à cause du changement climatique. Ayant besoin d’eau froide pour vivre, elle peut être amenée à migrer vers de plus hautes altitudes. En plus d’être froide, son eau doit être oxygénée, mais le réchauffement climatique altère les biotopes aquatiques. La hausse des températures engendre l’acidification de l’eau, ainsi que le développement d’algues et de microbes. 

La liste des espèces menacées est encore longue. Le réchauffement climatique n’en est pas la seule raison : en effet, l’homme est à l’origine du braconnage, de la réduction des territoires de certaines espèces, voire de leur destruction. Mais l’humain peut aussi être considéré comme une espèce menacée par le changement climatique puisque celui-ci a de graves conséquences sur sa santé et son environnement.

Mais tout n’est pas encore perdu. L’UICN donne quelques conseils aux humains qui souhaiteraient donner un coup de pouce à ces espèces menacées : 

  • Réduisez votre consommation d’énergie
  • Informez les autres sur les conséquences du réchauffement climatique
  • Soutenez les organisations qui luttent pour la conservation des espèces menacées
  • Adhérez aux dirigeants politiques qui sont engagés dans une démarche de réduction des gaz à effet de serre.

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