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Quel est l’impact du réchauffement climatique sur les forêts ?

Le réchauffement climatique, qui se traduit par l’augmentation de l’effet de serre et ainsi des températures de la planète, affecte la banquise, le climat, les océans, l’air, mais aussi les forêts. Ces arbres, qui nous proposent de l’ombre, qui nous permettent de respirer et qui nous offrent de beaux paysages, ne sont pas aussi résistants qu’on le croit. Malgré leur robustesse et leur âge, ils sont aussi affectés par le changement climatique que les animaux, voire les humains. Alors quelles sont les conséquences du réchauffement climatique sur les forêts de notre planète ?

Les feux de forêts, favorisés par la sécheresse et la chaleur

Changement climatique et feu de forêt

Depuis 1950, la température en France a connu une hausse de plus de 1,2°C. S’il fait de plus en plus chaud, il pleut davantage. Par exemple, la ville de Dijon a connu une hausse des précipitations d’en moyenne 10% en une centaine d’années. Elles ont augmenté de 20% l’hiver mais ont baissé de 10% l’été.

Désormais, l’été connaît par coeur la sécheresse et la canicule à cause du changement climatique. Des phénomènes qui peuvent avoir de graves conséquences, en particulier sur les forêts.

En effet, les incendies naturels sont de plus en plus fréquents. Les températures élevées entraînent la transpiration des plantes et la réduction de la quantité d’eau dans le sol. Si les plantes et les arbres s’assèchent, les risques qu’un feu se déclenche sont plus élevés. Une fois le feu de forêt démarré, les combustibles sont nombreux et favorisent la propagation de l’incendie. Celle-ci dépend également de l’intensité du vent et de sa direction. 

Bonne nouvelle : la superficie moyenne d’un incendie naturel a diminué au cours de ces dernières années. En effet, des moyens de lutter contre ce phénomène se sont développés et limitent désormais les dégâts. Un indicateur, l’indice forêt météo (IFM), a été créé pour indiquer les probabilités pour qu’un feu de forêt se déclenche et se propage.  

L’augmentation du CO2 : les points forts et les points faibles

Co2 Arbre

Le plus étonnant, c’est que le changement climatique peut avoir des conséquences bénéfiques pour la forêt et pour ses arbres. L’augmentation du dioxyde de carbone (CO₂) dans l’atmosphère va de pair avec une augmentation de la photosynthèse. La croissance des arbres est donc optimale. Les températures plus élevées favorisent également une durée de saison de végétation plus longue ainsi qu’une stimulation des mycorhizes (association symbiotique des champignons avec des racines de plantes).

Les arbres gagnent donc en productivité, grâce au changement climatique. Par exemple, l’hêtre a acquis son diamètre de 60 cm en seulement 90 ans, au lieu de 150 ans. Il a ainsi gagné 60 ans ! Si le réchauffement climatique s’avère finalement avoir du bon pour les forêts, il reste néfaste sur le long terme. 

L’augmentation de la teneur de l’atmosphère en CO₂ peut aussi affecter les propriétés technologiques du bois (mécaniques et chimiques), ou encore la croissance des jeunes forêts. De plus, elle entraîne la diminution de l’ouverture des stomates, des orifices sur la surface des feuilles. C’est par ces stomates que le CO₂ est absorbé et que la vapeur d’eau s’échappe. Mais tout dépend de l’espèce d’arbre. 

Par exemple, le chêne peut voir ses pertes d’eau réduire, grâce à la transpiration par ses feuilles, et donc sa sensibilité à la sécheresse diminuer. Tandis que ce n’est pas du tout le cas pour l’hêtre notamment. 

La santé des arbres

Arbres, nature, coucher de soleil

La santé des arbres est bouleversée par le changement climatique. En effet, 9 de leurs caractéristiques fonctionnelles sont affectées. Entre autres, la taille des arbres varie aujourd’hui puisqu’elle dépend des changements de températures. La surface des feuilles également est affectée par la température et la pression de vapeur.

La diminution de l’eau présente dans les forêts pendant l’été n’aide pas les arbres à croître, malgré l’augmentation supposée de leur productivité. De la même façon, l’allongement de la saison de végétation présente aussi le risque de rendre les arbres plus sensibles et vulnérables pendant les gelées d’automne et d’hiver.

Par ailleurs, la hausse des températures favorise la propagation de certains insectes et pathogènes comme les champignons. Le réchauffement climatique a donc également des conséquences phytosanitaires sur les arbres. Par exemple, l’oïdium, autrement appelé maladie du blanc, voit son développement favorisé par les températures plus élevées. Autre exemple : les scolytes (des insectes) de l’épicéa peuvent désormais se reproduire trois fois par an. Quant aux pucerons, leur rythme de reproduction peut être bien pire. 

Certains arbres risquent d’être très affectés par le changement climatique, voire de disparaître complètement. Par exemple, l’épicéa nécessite une grande quantité d’eau ainsi qu’une température peu élevée. Malheureusement pour lui, la hausse des températures est une véritable menace. Une augmentation de seulement 2°C peut provoquer son dépérissement.

Des écosystèmes modifiés

Fonctionnement écosystème forêt

Les différences entre les espèces concernant leur vulnérabilité et leur adaptabilité au réchauffement climatique peuvent modifier les écosystèmes. Ainsi, des espèces différentes peuvent se mélanger, ce qui peut mener à des désynchronisations entre elles. 

Ce phénomène peut conduire à un décalage entre les ressources alimentaires disponibles et les besoins des animaux de la forêt. Les phénomènes périodiques des végétaux ont avancé de 18 jours, au cours des 30 dernières années. Cependant, les périodes de mise à bas des chevreuils n’ont pas changé, ce qui peut donc impacter son succès reproducteur.

Enfin, comme dit plus haut, les insectes et pathogènes se multiplient et se déplacent avec le réchauffement climatique. 

La forêt rend de nombreux services à sa faune et sa flore, à son environnement. Elle produit du bois (dans les Alpes, c’est 7,5 millions de m³ par an), protège contre les risques naturels, conserve la biodiversité, améliore la qualité de l’eau et contribue à la beauté de paysages.

Mais avant tout, elle a son rôle à jouer dans le changement climatique : elle permet de réduire l’effet de serre en absorbant le CO₂. En effet, elle récupère entre 10 et 15% des émissions de carbone dans le monde. L’ironie, c’est que la déforestation et la dégradation des forêts représentent 11% des émissions de gaz à effet de serre. 

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